La biologie du hérisson, son habitat en Suisse, ses caractéristiques physiques et les causes les plus fréquentes de mortalité
Le hérisson a toujours eu un côté sympathique, déjà grâce à sa capacité de se rouler en boule au moindre danger. Ce mouvement lui est possible grâce à un muscle circulaire qui se contracte et agit tel une bourse que l’on serre.
C’est un animal sauvage, qui est protégé en Suisse par la loi, et certaines connaissances de base sur sa biologie peuvent permettre d’éviter des graves erreurs à son encontre !
La fiche conseil du mois d’avril 2001 parle de sa protection et comment agir lorsqu’on se trouve confronté à un hérisson en détresse.
Son origine et sa répartition
On connaît le hérisson depuis 10 à 20 mio. d’années. Il en existe une douzaine d’espèces, dont la notre, européenne (Erinaceus europaeus), qui vit surtout en Europe de l’Ouest et centrale.
Il n’existe pas sur le continent américain, sur lequel on trouve par contre le porc-épic, qui contrairement au hérisson qui est insectivore, donc carnivore, est un rongeur. D’autres différences, dont celles du poids ou la qualité des piquants, existent aussi entre eux.
Son habitat
En Suisse, le hérisson se trouve principalement sur le Plateau, Jura et Préalpes. A l’exception de quelques mâles, on le rencontre à moins de 1000m. d’altitude.
Son habitat est constituée de contrées buissonneuses et herbeuses. Ils adorent les orées de forêts, les vergers à culture traditionnelle, les jardins et les parcs. Par contre ils évitent les forêts sans sous-bois et les champs cultivés qui n’offrent pas de protection.
Par sa préférence de milieu de vie, les zones urbaines les attirent. On peut parfois trouver de 10 à 30 hérissons /km2 près des habitations ! De plus, l’hérisson n’a pas peur de l’homme et ne craint d’ailleurs que rarement certains ennemis.
Son activité
Le hérisson montre une activité crépusculaire et nocturne. Il se nourrit d’insectes, de vers, limaces, chenilles, cloportes, punaises par ex. et parfois aussi de verdure telle que dents-de-lion, trèfle ou laitues. Il ne mange pas de fruits, contrairement à une idée répandue (écrits de Pline). Adulte, il ne boit pas de lait et ne le digère pas !
Il est fidèle au lieu d’habitation. De nature solitaire, il ne le défend toutefois pas contre d’autres hérissons. C’est pourquoi on ne parle pas de territoire mais d’espace vital.
Néanmoins, les hérissons sur un même espace s’évitent.
Donc si on ravitaille chaque soir un hérisson, en fait on en nourrit une bonne demi-douzaine !
Les mâles sont plus actifs que les femelles, ils parcourent plus de kilomètres (recherche de nourriture, de femelles), c’est la raison pour laquelle ils se font plus fréquemment écraser sur la route que les femelles.
Quelques caractéristiques physiologique
- Poids : 800-1200g.
- Longévité : 3-4 ans (jusqu’à 10 ans en captivité)
- Saison de reproduction : mi avril-début sept. (max. juin-juillet)
- Durée gestation : 32j. env.
- Moyenne de nouveaux-nés/portée : 5
- Nb. de portée /an : 1 (parfois 2)
- Ouverture des yeux : 12-18j.
- Sevrage : 35j.
- Poids au sevrage : 150-350g.
- Température corporelle : 34-37°C
- Température corporelle pendant hibernation : env. 6°C
Reproduction et naissance
La reproduction du hérisson est caractérisée par un mot d’ordre : Prudence !
Après plusieurs heures de préliminaires où le mâle poursuit la femelle en grognant, la femelle s’aplatit et rabat ses piquants de manière à permettre au mâle de lui grimper dessus. Celui-ci s’y prend très doucement et avec grande prudence car au moindre geste violent, il pourrait finir embroché.
Les bébés naissent avec les piquants qui sont de texture plus molles et pris dans la peau qui est particulièrement oedémateuse (un peu gélatineuse), de façon à ne pas blesser la mère pendant la mise-bas. Les piquants laissent rapidement place aux nouveaux, bruns et plus durs, et lorsque les bébés ont les yeux ouverts (env. 2 semaines), les piquants blancs de naissance ne sont quasiment plus visibles.
Hibernation
Dès que la température extérieur baisse endessous de 9°C environ, le hérisson va se chercher un endroit sec, à l’abri, mais pas nécessairement chaud. En effet, en cas de trop grande chaleur, les calories s’épuisent trop rapidement, le hérisson doit se réveiller en plein hiver, ce qui demande aussi beaucoup d’énergie, et se mettre à chercher de la nourriture impérativement, ce qui est bien entendu très difficile.
La période d’hibernation dure 4 à 5 mois et le réveil intervient vers fin mars mi-avril. A cette époque on doit être particulièrement vigilant pour éviter de les écraser sur la route lorsqu’ils partent à la recherche de nourriture et de compagne.
Le hérisson perd 20 à 35% de son poids initial. Sa température corporelle descend à env. 6°C.
On sait à présent que si le hérisson pèse 350 à 400g. en automne (octobre), ses chances de survie suite à l’hibernation sont meilleures que si on en l’empêche. La seule aide qu’on peut lui procurer dans ce cas est de lui fournir un abri.
La mortalité
Chaque année, on estime que 70-80% des jeunes et 40-60% des adultes meurent… !
Les causes sont diverses :
- L’hiver ou plutôt à la sortie de l’hibernation
- Les parasites, surtout si le hérisson est déjà affaibli
- Les intempéries (les étés rudes qui déciment facilement une jeune portée)
- Le trafic routier
- Les empoisonnements (métaldehyd qui s’accumule dans la graisse et se libère en masse lors du réveil au printemps)
- Et les accidents (tombés dans les fosses, des pièces d’eau, empalés par la fourche dans le compost ou le tas de feuilles, les morsures de chiens ou de renards).
Le hérisson est-il menacé ?
- En zones urbaines : non, car il trouve tout ce qui lui convient pour vivre et se reproduire.
- En zones agricoles : oui, car les champs agricoles n’offrent plus suffisamment d’habitat
Autres informations
On peut trouver différents sites intéressants concernant le hérisson, mais celui qui prévaut en Suisse est celui de la fondation Pro-Igel, très complet, sous l’adresse : http://www.pro-igel.ch/
Seul inconvénient pour certains : il est en allemand ! Par contre, on peut y commander quelques brochures d’informations qui sont traduites en français.